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Chaudière gaz : la hausse de la TVA à 20 %, ce qui a changé depuis 2025

En 2024, nous vous alertions sur un projet de hausse de la TVA applicable aux chaudières gaz. C'est désormais officiel et appliqué : depuis le 1ᵉʳ mars 2025, l'achat et l'installation d'une chaudière gaz sont soumis au taux normal de TVA, 20 %, contre 5,5 % auparavant.

Publié le : 13/11/2024
Mise à jour le : 13/08/2026
Conseil
6 min
Main réglant les commandes d'une chaudière murale blanche

Chaudières gaz : des aides déjà supprimées avant la hausse de TVA

Les aides auxquelles les chaudières à gaz étaient éligibles avaient déjà fondu ces dernières années.

Le dispositif MaPrimeRénov' n'accorde plus de subventions pour l'installation de chaudières à gaz depuis le 1er janvier 2023.  Elles ne sont plus éligibles aux Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) depuis le 1er juillet 2024.

Cette réduction progressive des aides s'inscrit dans la stratégie du gouvernement pour encourager les ménages à se tourner vers des systèmes de chauffage plus écologiques : réduire les émissions de gaz à effet de serre, tenir l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050, et réorienter les fonds publics vers les énergies renouvelables. La hausse de TVA de 2025 est venue prolonger ce même mouvement.

Avant la réforme de la TVA sur les chaudières gaz en 2025 : un système à plusieurs vitesses

Jusqu'aux changements de 2025, trois taux de TVA différents s'appliquaient à l'achat et l'installation d'une chaudière à gaz, selon des critères précis :

TVA à 5,5 %, le taux le plus avantageux, applicable dans deux cas :

  • Pour les logements de plus de 2 ans lors de l'installation d'une chaudière à haute performance énergétique
  • Dans le cadre de travaux d'amélioration de la rénovation énergétique d’un logement

TVA à 10 % qui s'applique aux travaux de rénovation classiques dans les logements achevés depuis plus de 2 ans, sans critère de performance énergétique particulier

TVA à 20 %, le taux normal appliqué :

  • Pour les logements de moins de 2 ans
  • Pour l'achat seul d'une chaudière sans installation
  • Pour les résidences secondaires

L’objectif de la réforme fiscale de 2025 est double : pousser les ménages à adopter des solutions de chauffage plus respectueuses de l’environnement, tout en réduisant progressivement l’utilisation du gaz dans les foyers français.

TVA sur les chaudières gaz : une hausse en deux temps en 2025

Avant 2025, les chaudières gaz à haute performance énergétique bénéficiaient d'un taux réduit à 5,5 %. Une première hausse est intervenue le 1er janvier 2025, portant ce taux à 10 %. Puis, le 1er mars 2025, une seconde hausse a fixé le taux à 20 %, soit le taux normal, celui qui s'applique à la plupart des biens de consommation courante.

Une mesure transitoire a permis aux ménages ayant signé un devis et versé un acompte avant le 1er mars 2025 de conserver l'ancien taux. Pour tous les autres, c'est le taux plein qui s'applique, aussi bien sur la fourniture que sur la pose.

Cette réforme découle d'une directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments, qui interdit aux États membres de continuer à subventionner fiscalement les équipements de chauffage à énergie fossile. L'entretien et la réparation d'une chaudière déjà installée continuent, eux, de bénéficier d'un taux réduit.

Un surcoût considérable pour les ménages

Les chiffres sont parlants : pour une chaudière à gaz d'une valeur de 4 500 euros, la TVA à 5,5 % représentait 247,50 € de taxe. Au taux de 20 % aujourd'hui en vigueur, la taxe grimpe à 900 €, soit une augmentation de 652,50 €.

En somme, c'est un surcoût significatif, surtout pour les foyers aux revenus modestes, qui pourraient se retrouver contraints de repousser leur projet de rénovation énergétique.

“L’impact va être très important. Dans les meilleurs des cas, certaines personnes seront obligées de prendre un modèle de chaudière moins performant pour absorber l’augmentation du coût. Dans les pires des cas, elles devront renoncer à un remplacement d’appareil et se retrouveront dans un système de précarité énergétique”, précise Lionel, expert gaz HomeServe.

La mesure soulève une contradiction : alors que les pouvoirs publics encouragent la rénovation énergétique, cette hausse peut pousser certains foyers à conserver leur ancienne chaudière énergivore, faute de pouvoir financer un nouvel équipement. Résultat : une consommation d'énergie plus importante et des émissions de CO₂ qui ne baissent pas aussi vite qu'espéré.

Remplacer sa vieille chaudière reste un investissement rentable

Vous l’aurez sûrement compris, remplacer son ancienne chaudière est un geste économique, bien qu’il puisse représenter un investissement initial important.

Si votre chaudière a plus de 15 ans, il est temps de songer à la remplacer par un modèle plus performant. Une chaudière moderne à gaz à haute performance énergétique, une chaudière gaz à micro-cogénération ou encore une pompe à chaleur seront beaucoup plus économes en énergie que votre ancien équipement.

Les installations les plus récentes fonctionnent avec de l'eau à basse température (35 à 45°C) alors que les plus anciennes consomment plus d'énergie en faisant circuler de l'eau à haute température (60 à 70°C). La nouvelle chaudière ou la pompe à chaleur peuvent s'adapter à votre installation existante en chauffant à haute température, mais elles seront plus performantes en basse température.

Pour tirer pleinement parti d’un nouvel équipement de ce type, il peut être nécessaire de remplacer vos radiateurs par des modèles "chaleur douce" voire d'installer un plancher chauffant si vous envisagez une rénovation d’ampleur.

Bien que cela nécessite des travaux plus importants (nouvelle dalle, surélévation du sol, etc.), ces investissements vous permettront de réaliser des économies sur le long terme.

Les alternatives à la chaudière gaz, et leur fiscalité

Outre une nouvelle chaudière gaz, plusieurs options s'offrent aux ménages qui souhaitent remplacer leur chaudière vieillissante :

Ces alternatives n'ont pas toutes la même fiscalité. Les chaudières biomasse ne bénéficient plus de MaPrimeRénov' pour un remplacement isolé depuis le 1er janvier 2026, cette aide n'est désormais accessible que si l'installation s'inscrit dans une rénovation d'ampleur associant plusieurs travaux. Pour un simple remplacement de chaudière biomasse, les certificats d'économies d'énergie, la TVA à 5,5 % et l'éco-PTZ restent en revanche mobilisables.

Le cas particulier de la pompe à chaleur hybride

La pompe à chaleur hybride combine une pompe à chaleur air/eau et une chaudière à condensation : la PAC fonctionne la majeure partie de l'année, la chaudière prend le relais lors des périodes les plus froides. Elle permet 30 à 40 % d'économies d'énergie par rapport à une ancienne chaudière gaz selon GRDF, et reste éligible à MaPrimeRénov', aux CEE et à l'éco-PTZ.

Sa fiscalité dépend toutefois de la structure de votre devis. Dès qu'une opération de chauffage inclut, même partiellement, un équipement à énergie fossile facturé dans la même opération, c'est le taux de 20 % qui s'applique à l'ensemble. Selon la façon dont votre installateur structure votre devis, le taux applicable à une PAC hybride peut donc varier, un point à faire confirmer avant de signer.

Et l'interdiction des chaudières gaz, dans tout ça ?

Les chaudières gaz ne sont pas interdites en 2026 dans un logement existant. Seules les constructions neuves sont concernées par une restriction.

Remplacer sa chaudière gaz : que choisir ?

Si votre chaudière montre des signes de fatigue, ne tardez pas trop : plus l'attente se prolonge, plus le risque de panne et de surconsommation augmente. Si votre choix se porte malgré tout sur une chaudière gaz neuve, demandez un devis détaillé mentionnant explicitement le taux de TVA appliqué. Et si vous vous orientez vers une pompe à chaleur, classique ou hybride, faites confirmer par votre installateur RGE le taux exact applicable à votre projet.

HomeServe

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