Chaque année, le retour des vagues de chaleur prolongées et le manque de pluie s'invitent au cœur de l'actualité. Si l'impact de la sécheresse sur l'agriculture est évident, ses conséquences sur nos habitations sont beaucoup plus insidieuses. En fait, 60 % des Français ne réalisent pas encore les impacts réels de l’évolution du climat sur leur propre logement. La prise de conscience est pourtant plus forte chez les jeunes propriétaires (7/10 déclarent en comprendre les enjeux) ainsi que dans les régions en première ligne : l’Île-de-France (44 % d'inquiétude) et le Sud-Est (42 %).
Face à ces menaces, l'inquiétude grandit au point de bousculer le marché immobilier : selon notre étude exclusive HomeServe / OpinionWay, 6 propriétaires sur 10 envisagent le déménagement comme une solution face à ces problématiques climatiques (dont 8 % sans aucune hésitation et 1 personne sur 2 prête à changer carrément de région).
Pourtant, avant d'en arriver là, il est essentiel de comprendre ce qu'il se passe. Au-delà des façades qui craquent, la sécheresse met nos installations intérieures et extérieures à rude épreuve. 61 % des propriétaires de maison affirment avoir déjà subi au moins un dégât lié à la sécheresse. Grâce aux retours terrain de nos professionnels et aux données de notre étude, faisons le tour des risques réels et des solutions pour protéger votre logement.
1. Canalisations et réseaux enterrés : le constat d'urgence de nos Pros
C'est l'impact le plus fréquent et pourtant le moins visible. Quand le sol manque d'eau, il bouge, se contracte et exerce une pression énorme sur tout ce qui est enfoui sous terre.
Pour notre réseau de 4 000 Pros répartis dans toute la France, le constat est sans appel : 34 % d'entre eux affirment que la nature de leurs interventions en plomberie et électricité a profondément changé à cause de l'alternance entre inondations et sécheresses.
Sur le terrain, nos professionnels font face à une recrudescence de sinistres précis :
- Des canalisations qui cassent : 66 % des Pros de notre réseau interviennent plus fréquemment pour le dépannage de canalisations enterrées qui se rompent. Le phénomène de retrait-gonflement des sols argileux (RGA) fragilise les tuyaux qui, devenus rigides, finissent par céder. Cela se traduit par des fuites d'eau régulières, subies par 31 % des propriétaires interrogés, ou des canalisations plus fréquemment bouchées (34 %).
- Les racines et la végétation de proximité : En période de sécheresse, les arbres cherchent désespérément de l'humidité. Leurs racines s'étendent pour puiser l'eau, provoquant des mouvements de terrain locaux mais aussi des intrusions destructrices. Elles s'immiscent dans les micro-fissures des réseaux enterrés, s'y développent et finissent par boucher ou faire éclater les canalisations.
Le conseil de nos experts : Respectez une distance de sécurité minimale (au moins 10 à 15 mètres) entre les grands arbres (chênes, peupliers, saules) et vos canalisations ou fondations pour limiter ce phénomène de succion.
Ces nouvelles problématiques obligent d'ailleurs 88 % de nos professionnels à revoir leurs outils et leurs méthodes de travail pour mener à bien des interventions devenues plus complexes, plus longues et plus coûteuses.
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2. En appartement aussi : les risques invisibles pour les immeubles
On associe souvent la sécheresse aux pavillons, mais les clients en habitat collectif et en copropriété subissent eux aussi des risques structurels majeurs :
- La menace sur le bâti ancien (fondations en bois) : Dans de nombreuses villes françaises (comme les immeubles haussmanniens à Paris ou les quartiers historiques de Lyon et Strasbourg), les bâtiments reposent sur des pieux en bois. Tant qu'ils restent immergés dans la nappe phréatique, privés d'oxygène, ils se conservent à travers les siècles. Mais lorsque la sécheresse fait baisser durablement le niveau des nappes, les têtes de ces pieux se retrouvent au contact de l'air. Ce phénomène d'oxygénation déclenche le pourrissement du bois et affaiblit les bases de l'immeuble.
- Les tensions sur le béton et les réseaux collectifs : Pour les immeubles récents, les vagues de chaleur provoquent des écarts thermiques extrêmes entre le jour et la nuit. Le béton subit de fortes tensions mécaniques, créant de micro-fissures en façade qui deviennent des voies d'infiltration pour les pluies d'automne. De plus, les canalisations collectives d'évacuation, situées sous l'immeuble, subissent la torsion des sols desséchés et risquent la rupture.
3. Réseaux électriques et confort : quand la chaleur crée la panne
La sécheresse s'accompagne presque toujours de canicules, et nos installations électriques ne sont pas conçues pour supporter de telles températures en continu.
Selon notre étude, 29 % des propriétaires ont déjà subi des pannes électriques en lien direct avec les mouvements de leur maison. Lorsque le bâti bouge, les câblages internes peuvent être mis sous tension ou se sectionner. En parallèle, la demande en énergie explose (climatisations, ventilations, pompes de piscine) alors que les équipements extérieurs (compteurs, disjoncteurs) subissent une chaleur étouffante, multipliant les risques de courts-circuits.
De plus, dans les logements mal isolés ou sous les toits, l'effet "bouilloire" thermique transforme les intérieurs en espaces étouffants, le béton et le bitume restituant la nuit la chaleur accumulée le jour.
Fissures et mouvements de terrain : quel budget pour les réparations ?
Le phénomène de Retrait-Gonflement des Argiles (RGA) fait littéralement bouger les structures. C’est d'ailleurs le sinistre le plus redouté : 45 % des propriétaires interrogés dans notre étude déclarent avoir subi des fissures sur leur façade ou un affaissement de leur maison.
Si une micro-fissure superficielle et inerte peut se réparer soi-même pour le prix des matériaux (comptez entre 3 et 30 € pour de l'enduit), les fissures structurelles actives exigent des budgets très lourds :
- Le diagnostic : Une expertise géotechnique indispensable pour analyser le sol coûte entre 500 et 2 500 euros.
- Les travaux lourds : Si les fondations sont touchées, les réparations (injections de résine expansive, pose de micropieux) commencent à 30 000 euros et peuvent grimper jusqu'à 200 000 ou 250 000 euros pour une maison de 150 m², en raison de l'inflation du coût des matériaux.
Face à la multiplication de ces dégâts, l'État a instauré une réforme : la surprime "CatNat" prélevée sur toutes les assurances habitation a augmenté, passant de 12 % à 20 %, afin de pouvoir indemniser ce volume croissant de sinistres.
Votre maison a bougé ? Pas de panique, toutes les fissures ne sont pas dangereuses. Pour apprendre à mesurer leur gravité et connaître les démarches d'indemnisation auprès de votre assureur, consultez notre guide complet : Fissures sur une maison : que faire et quand s’inquiéter ?.
Anticiper pour protéger son budget et son logement
Face à ces risques clairement identifiés, les Français se sentent souvent démunis : seulement 19 % des propriétaires affirment essayer d'anticiper le problème, tandis que 47 % admettent ne rien faire de particulier pour le moment.
Pourtant, l'adaptation de l'habitat est devenue essentielle. Le premier bon réflexe ? Avant un achat immobilier ou des travaux, connectez-vous sur la plateforme publique Géorisques (georisques.gouv.fr) pour connaître précisément la sensibilité du sol de votre commune face au risque argileux.
Ensuite, misez sur la prévention. Une grande partie des pannes urgentes de l'été sur les canalisations et l'électricité peut être évitée grâce à un entretien régulier et des garanties adaptées. En tant qu'expert des solutions de réparation de la maison depuis plus de 20 ans, HomeServe vous accompagne pour aborder la saison chaude l'esprit tranquille.

Étude HomeServe sur les dégâts liés à la sécheresse

